La Galipote et son cahier culturel

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Sommaire

Non à la Croissance, malgré la crise

Article paru dans le no 120 de La Galipote

« Il est un mythe savamment entretenu par les économistes libéraux, selon lequel la croissance réduit l’inégalité. Cet argument permettant de rapporter à plus tard toute revendication redistributive est une escroquerie intellectuelle sans fondement. » Jacques Attalli, La Nef, 1973


La croissance, arme absolue contre la crise ?

Il se trouve que les partis de gauche défenseurs traditionnels des travailleurs et des humbles, réclament un partage équitable des richesses, mais comptent aussi sur la croissance pour améliorer le sort des déshérités. La croissance ? N'est-ce pas un espoir illusoire ?

Il se trouve que les hauts dirigeants, les banquiers et autres financiers, qui ont accédé à un pouvoir sans partage et nous ont amené au désastre actuel, n'ont que le mot croissance à la bouche et s’ingénient par le recours aux fonds publics à renouer avec cette merveilleuse croissance, source de leurs scandaleuses prébendes.

L'urgence de mesures sociales et salariales, s'impose pour venir en aide aux vrais victimes de la crise. Mais réfléchissons aussi au fait de savoir si la réduction de la consommation, la modification de la production, et non pas son accroissement, ne sont pas, avec un équitable partage, la seule solution vitale pour le proche avenir des hommes.

F. R. Hutin rappelle (Ouest France 21-22/02/2009) les recommandations du club de Rome au début des années 1970.

Il faudra une politique révolutionnaire avec les objectifs suivants :

• stabilisation de la population mondiale

• priorité accordée à la production alimentaire en investissant aussi dans les produits agricoles non rentables

• forte réduction des biens matériels (compensée par l’extension des biens incorporels)

• prolongation de la durée de vie des biens d’équipement et de consommation

• lutte contre la pollution et l’épuisement des matières premières


Quarante ans de perdus !


Après de nombreuses alertes et de nombreux ouvrages parus, la démonstration n’est plus à faire :

- La population humaine, prédatrice de la faune, de la flore et destructrice de toutes ressources naturelles, croît à une allure vertigineuse. Elle augmente au sommet sa gabegie dans des proportions insensées. La terre s’épuise, ses capacités seront vite insuffisantes et notre planète est polluée.

- Avant l’extinction de l’espèce humaine à échéance peu lointaine, les bouleversements produits par notre comportement global amènent déjà des migrations humaines sources de drames et de conflits. En se multipliant de façon inexorable avec le dérèglement climatique, ces migrations augurent, selon certains, de guerres planétaires sanglantes pour l’avenir proche.

- La misère et les catastrophes ont de surcroît la vertu de favoriser l’emprise des extrémismes religieux. Avec l’intolérance, la captation des richesses, la tyrannie, la mysogénie et les violences. D’où la nécessité de la laïcité au niveau des Etats, garantissant la liberté de toute croyance ou d’incroyance à chaque individu.

- Après une tentative de tout étatisme de certains, avortée en tyrannie et goulags, le capitalisme triomphant a repris seul le flambeau de l’économie reine pour la noyer dans les profits dégueulants des financiers aujourd’hui véreux par essence.

- Après la crise gravissime actuelle, succédant à de nombreuses autres, le souci essentiel de cette noble théorie capitaliste reste de spolier un peu plus les plus humbles ou les moins riches (avec le concours de l’Etat !) pour reprendre à l’identique la gabegie effrénée des grands possédants.

- Il est temps de se souvenir de l’humanisme que quelques uns n’ont jamais renié sans être écoutés désormais. Il reste simplement à l’élargir à l’amour et au respect de toute vie autre qu’humaine sur terre et à l’amour et au respect de la nature dans sa globalité.

- Ce sont en premier lieu les hyperriches, les modernes barons voyous détenteurs ou amis du pouvoir, et, à leur remorque et à leur imitation, les riches qui détruisent la planète. Il est vital de renouer avec l’équité et la justice en régulant la consommation à partir du sommet. C’est-à-dire en réduisant d’abord les revenus pharaoniques et le gaspillage des puissants et des nantis.

- Le dirigisme étatique et le capitalisme (avant même sa dérive ultracaptatrice au profit d’un petit nombre) avaient en commun leur foi dans le développement sans limite de l’économie grâce à la sainte Croissance, insouciants des limites des ressources terrestres. Les privilégiés gardent l’emblème de la Croissance pour laisser espérer des miettes aux démunis.

- Mais l’on s’étonne aussi de slogans à la gloire de la Croissance de la part de défenseurs d’un minimum d’équité. Plutôt qu’une Croissance Verte parfaitement antinomique il est impérieux de promouvoir une Economie Nouvelle en harmonie avec l’environnement.


Le développement d’une économie durable par l’investissement, destiné non pas à la croissance de la production mais à sa transformation profonde vers des activités en accord avec la protection environnementale réclamera des mesures énergiques telles que :

- voitures propres

- frets ferroviaire et fluvial

- productions et commerces de proximité

- habitat économe en énergie

- urbanisme repensé

- agriculture biologique

- lutte contre les maladies chroniques par la prévention grâce à un environnement sain, pour le sauvetage des organismes de santé publique

- reboisement systématique de toutes les zones disponibles par l’embauche durable ou temporaire de jeunes sans emplois

- au niveau mondial, réhabilitation et développement des productions locales par transfert de technologie et microcrédit (qui ne soit pas scandaleusement détourné de son objectif par des spéculateurs particulièrement vicieux), réduction des armements et moratoires sur la stabilisation de la population planétaire et sur le nucléaire


Des moyens financiers importants sont à trouver dans :

- des mesures coercitives pour transférer les super profits des dirigeants ou des actionnaires vers les salariés ou l’investissement des entreprises

- la limitation des très hauts salaires et indemnités de tous les dirigeants y compris dans le domaine politique (cumul des mandats, réceptions, parc automobile ou aérien, logements de fonction, retraites dorées) pour inciter nos élites à un train de vie décent dans un souci d’économie et d’exemplarité

- à l’échelon européen et mondial, la suppression effective des paradis fiscaux et de l’évasion fiscale qui va de pair

- la recréation de nouvelles banques et sociétés financières coopératives ou étatiques qui fassent leur métier de collecte, de prêts et d’indemnisation en s’interdisant de spéculer avec les dépôts de leurs clients (contrairement aux soi-disant organismes « populaires ou coopératifs » qui, à commencer par les Caisses d’Epargne, ont osé jouer au loto boursier avec notre épargne !) ou le respect d’une charte coercitive par les compagnies existantes


La première urgence est certainement là : s’attaquer ainsi aux « banksters » qui s’apprêtent benoîtement à spéculer à nouveau, nous dit-on, sur de nouveaux produits financiers pourris, bâtis non plus sur des prêts à des particuliers sans ressources suffisantes mais bien sur des créances de sociétés privées insolvables et sur des dettes d’Etats en danger eux-mêmes de faillite ! Jusqu’au désastre de l’éclatement programmé de cette nouvelle bulle criminelle !

L’apport massif des fonds d’épargne à des groupements sains et sous contrôle est une façon simple de priver les spéculateurs voyous de leurs munitions.


Paul Sandrin


On peut prendre connaissance de l’intégralité de l’essai (dont cet article est un condensé) en allant sur le site Internet : atulu.fr

Un media indépendant

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La Galipote se définit comme un périodique auvergnat d'information critique. Mais par son indépendance par rapport aux grands groupes de presse, par la qualité de ses rédacteurs et particulièrement de ses dessinateurs, par ses nombreux articles traitant d'écologie, son implantation tend à déborder largement les limites de la province.


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La région parisienne en premier voit progresser régulièrement le nombre de ses lecteurs.


Quelques figures du journal

La galipote, c'est la commère dans le parler local autour de Clermont-Ferrand !

Parmi la pléiade de dessinateurs de La Galipote, voici cinq échantillons représentatifs de cette académie de l'humour:


Bridel et Pesso:


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Gorce, Chraz et Dum:


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Le Cahier culturel

Parmi d'autres, le professeur d'arts Sébastien Culpo, Corinna et Paul Sandrin, les animateurs de notre site Couleurs de Brie, signent une rubrique dans le Cahier culturel de La Galipote.

Extrait de la chronique de Paul Sandrin parue dans le numéro 115 :


Malédiction

Si contesté et si contestable qu’ait été Céline dans ses choix et ses opinions, l’auteur de Voyage au bout de la nuit reste une figure incontournable de notre littérature. Soucieux de combler sur le tard certaines lourdes lacunes dans mes connaissances, j’empruntai en bibliothèque, avec l’ouvrage phare de ce maître sulfureux, la savante biographie que lui a consacré Anne Henry (Céline, Ecrivain, Anne Henry, Ed. L’Harmattan1994).

Durant l’été les deux livres furent les compagnons les plus assidus de mes lectures vespérales ou nocturnes. Lors de déplacements annexes, ils ne quittaient pas ma sacoche dans le coffre de l’auto.

Las ! Cet incroyant patenté, cet athée convaincu, ce nihiliste invétéré serait-il à jamais porteur de quelque malédiction divine ? Ses deux ouvrages ont disparu lors d’un dîner près de la plage ! Avec ma sacoche, ma voiture et maints bagages ou autres accessoires. Tels tous mes papiers et documents officiels. En ce début de nuit un douloureux voyage à la recherche d’un commissariat, une longue attente et la difficile déposition auprès d’un rubicond fonctionnaire de police ensommeillé m’ont conduit presque au bout d’une nuit achevée par quelques instants d’insomnie ruminatoire...

...Après les interrogations formulées ci-dessus quant à l’éventuelle malédiction divine attachée à la mémoire de Céline, voilà qu’une nouvelle énigme m’apparaît soudain. Qu’il me soit permis de vous la soumettre.

Le fait de m’être trouvé malencontreusement juché sur une échelle, qui a brusquement basculé, me pose une importante interrogation. Entorse du poignet et entorse de l’épaule ! Alors ? Plutôt que la malédiction célinienne que j’évoquais plus haut, ne serait-ce pas sur ma propre personne que s’acharnerait directement, après le vol de l’auto, la vindicte des dieux ? Pour avoir commis « Lumière Céleste », mon dernier ouvrage faisant l’éloge de l’irréligion ? Ou plus prosaïquement ne m’interrogé-je pas trop sur mon propre sort ? Défaut fréquent chez les auteurs ?

Quoiqu’il en soit, ces mésaventures m’ont permis de façonner quelques vers adressés à mon amie Léa et que j’impose à votre indulgente fidélité de lecteur:


A Léa


Nous savons, nous , chère Léa,

Que tous leurs dieux n’existent pas !

Faut-il se risquer à le dire ?

Ou à l’écrire ?


Pour le démontrer fermement

Il me fut plaisant récemment

D’éditer « Lumière Céleste »

Roman-pamphlet.


Les dieux ont bien autre chose à faire

Que d’écouter nos dires, lire nos pamphlets.

N’ y aurait-t-il pas « des gens bien intentionnés »

Pour le leur dire ?


Auraient-ils provoqué, les gueux,

Vindicte et vengeance des dieux

Qui, nous savons tous deux, Léa,

N’existent pas ?


M’est advenu, suite au pamphlet,

Que mes bagages et papiers

Tous, dans l’auto qu’on m’a volée,

Se sont trouvés !


Et l’échelle, où j’étais juché,

A décrit un long arc de cercle

Pour, ce qui m’a fort contrarié,

L’horizontale.


Suite aux entorses ne peux pas

Serrer le poing, lever le bras.

Est-il bien besoin aujourd’hui

De tels ébats ?


Non, les dieux ne supportent pas

Qu’on sache qu’ils n’existent pas.

Faut-il se risquer à le dire ?

Ou à l’écrire ? (ps)

Les Aventures de Dieu

Avec des critiques d'ouvrages récemment parus ou des poèmes de circonstance, on retrouve avec bonheur en BD dans le Cahier culturel Les Aventures de Dieu de James Gressier, illustrées par Serge Marjisse. Extrait:


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Numéro 114: spécial présidentielle 2007 en image

Galipote n° 114 Hors série:

« 2007, année médiacratique »


30 dessinateurs de presse et caricaturistes:

Alexis, Aurel, Ballouhey , Bauer, Biz, BOdard, Cambon, Chapu, Cordier, Delucq, Dum, Faro, FOurnerie, Gervais, Glez, GOrce, Goubelle, Grand denis, Hippolyte, Jiho, Lasserpe, Lidwine, OLiv’,Placide, Prugne, Solo, Tastet, Vadot, VIrlo.


350 dessins!


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Jamais une campagne présidentielle n’aura autant généré de ferveur médiatique.

Jamais un candidat n’aura autant soigné son « look » sémantique.

Jamais un électeur n’aura été autant déboussolé devant une urne.


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Pour retrouver vos repères et désankyloser vos zygomatiques, lisez la Galiopte n° 114 hors série (humoristiquement vrai !).


Prix 5 euros


Pour commander :


Soit par mail :

acap-lagalipote@laposte.net

ou franck.dhumes@club-internet.fr


Soit par courrier :

La Galipote Acap, 22 rue du commerce 63910 VERTAIZON


Soit par tel :

04 73 68 08 83