Café Soluble et Cocotier
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Ci-dessous extraits du recueil paru en feuilleton. On peut relire gratuitement l'ouvrage dans son intégralité sur le site atulu.fr
Sommaire |
Gaston Vieujeux, une poésie dérangeante
"Egal de Du Bellay et de Ronsard lui-même, Gaston Vieujeux, s'il était né au XVIème Siècle, aurait écrit des choses aimables et parfumées...
En fait, ce XVIème Siècle sentait le bouc et l'ail...
Au XXIème Siècle, on a inventé l'hygiène et le principe de précaution, la javellisation et les couches absorbantes...
Poète qu'il est - et des meilleurs qui soient - Gaston Vieujeux s'est dit qu'il y avait là une forme de régression à laquelle il fallait réagir. Et c'est pourquoi, comme par devoir, il ponctue d'immondices le trottoir délicat de ses poèmes réguliers..." (Lisette Pertinat, La Galipote no 117)
Gaston Vieujeux
est un poète moderne peu en phase avec les dérives de la société actuelle.
A l'instar d'un Rabelais ou d'un Céline, il utilise un langage vigoureux qu'il ne craint pas de mêler à ses rimes.
Ce qui n'exclut pas l'émotion ou la nostalgie.
Mais si tu as peur des mots, lecteur, passe ton chemin.
Ouvrages de Gaston Vieujeux
"café soluble et cocotier" (2007)
"le bonheur du joueur de boules" (2004)
"obsolète blues" (2002)
"vice de forme" (1999)
"louette" (1997)
"Abolis bibelots (1990)
Café Soluble et Cocotier
- VI : poème 17
17. don quichotte
tableau de Daumier, wikipedia
depuis la route nationale
on peut embrasser du regard
toute la zone artisanale
et la laideur de ses hangars
les quelques pavillons stupides
plantés parmi les entrepôts
à coups de rêves insipides
et d’exonération d’impôts
les villas vaguement bourgeoises
presque à l’écart et qui vous toisent
du haut de leur emprunt foncier
le bourg et les maisons anciennes
comme des merdes d’échassier
au pied des grandes éoliennes
- VII : poème 19
19. recoins
qu’on n’y décèle une ombre
l’ombre qu’on porte en soi
silencieusement sombre
c’est l’ombre d’un regret
dans le fond d’une poche
vague jardin secret
un peu triste un peu moche
c’est l’ombre d’un remords
pourtant à moitié mort
mais tiède sous la cendre
c’est l’ombre au plus obscur
l’araignée dans le mur
jamais lasse d’attendre
- VIII : poème 24
24. rendez-vous manqué
toile j lacalmontie
muguet du mois de mai
sans piano sans pianiste
mon cœur n’était ni gai
ni triste
une chanson d’amour
un verre une rencontre
et vous n’étiez ni pour
ni contre
un air à fleur de peau
méli-mélo cinoche
le film n’était ni beau
ni moche
un sourire un parfum
vous le mien moi le vôtre
nous n’étions là ni l’un
ni l’autre
- X : poème 28
28. tri sélectif
des trucs à payer
plein ma boîte aux lettres
des tas de papiers
il y’aura sans doute
des journaux gratuits
brico la redoute
et tout ski s’en suit
des cartes idiotes
de la grande motte
ou du grau du roi
des merdes sans nombre
putain mais pas l’ombre
d’un courrier de toi
- XI : poème 31
31. carte à puce
ta vie sur ce plateau plastique
les filles des secrétariats
et leurs guiboles magnétiques
ta vie d’hôtel robotisé
en bar de zone industrielle
compartiments climatisés
végétation artificielle
photo c. bui
les inconnues des vidéos
pour d’improbables rodéos
loin de leurs seins de silicone
ta vie parking autoroutier
café soluble et cocotier
c’est quoi la case qui déconne
- XII : poèmes 34 - 35
34. lever l’ancre
où mes yeux ne sont pas
la vague et le navire
aller où tu t’en vas
pour le cap et l’allure
improviser un peu
aller à l’aventure
au vent de tes cheveux
voguer mais vers ton île
lointaine où l’inutile
est l’unité de temps
envoyer la grand-voile
et mordre à belles dents
ta peau couleur d’étoile
35. drogue douce
comme un souvenir
une eau parallèle
un écho sentir
comme une évidence
un monde inconnu
reconnu d’avance
il aura fallu
cette chanson bonne
comme un soir d’automne
ce corps étranger
mystère et mémoire
d’une femme noire
et belle à pleurer
Lien
On peut acheter l'ouvrage auprès de "La Galipote" :


