Dieu en sommeil
J’habite le vent
J’habite le vent de la terre
Chargé de regards et d’orages
J’habite le vent
J’habite le vent du soleil
Chargé de lumières et de brûlures
J’habite le vent
J’habite le vent d’Antares et de l’Ylem
Chargés d’un parfum venu de l’infini
Parfum de l’existence éternelle et seule permanence
C’est ce parfum que je cherche
C’est dans ce parfum qu’il me faut faire vivre ce corps
Car l’infini se cache à jamais
Comme se cache le vide et le rien tout aussi infinis
Vivre pour tenter d’appréhender
le parfum d’infini
le parfum de rien
le parfum de tout
le parfum de vide
Et ainsi savoir ce que JE SUIS
L’infini
Le rien
Le tout
Le vide
Dieu en somme
Dieu qui sommeille en tout en rien en ...Je SUIS ?
jean mariami
Le dernier poète
Qui donc ira quérir
En haut des hauts rayons
De la bibliothèque
L’œuvre du vieux métèque ?
Quand aura disparu
Le poète !
Qui encore acquéra
Le léger opuscule
Au fond des étagères
De ce dernier libraire ?
Quand nous aura quitté
Le poète !
Kidonkirakérir
En haut des hauts rayons
Kiankorakéra
Au fond des étagères
Quand se taira le chant
De ses vers ?
Parmi les grands anciens
De Ronsard à Brassens
Si quelqu’un se rappelle
Du beau nom de Verlaine
Il ira sur gougleux :
«Voyez aussi vert-laine !»
ps
buste de Pindare, photo wikipedia
Accueil
|
Désirs
Je voudrais être un cri
pour naître de ta bouche
Je voudrais être un nid
pour te servir de couche
Je voudrais être caresse,
effleurer ton visage
Je voudrais être tendresse
pour être à ton image.
Je voudrais être enfant,
m'accoler à ton sein,
Je voudrais être talent
pour te guider la main.
Je voudrais être désir
pour enflammer ton corps.
Je voudrais être sourire,
devenir ton décor.
amants, v. dorrer
Je voudrais être Amour
pour te donner mon nom.
Je voudrais être velours,
te servir de cocon.
Je voudrais être lueur
pour briller dans tes yeux.
Je voudrais être douceur
et que nous soyons deux.
Je voudrais être voilier
pour voguer sur tes flots.
Je voudrais être coursier,
t'emporter sur mon dos.
Je voudrais être guerrier
et combattre pour toi;
Devenir chevalier...
que tu me couronnes Roi.
Et même, si tout ça ne fut que rêve,
cri perdu sur la grève;
je voulais par ce poème
te rappeler qu'un temps
nous nous sommes dit: "je t'aime".
patrick chaussidière
L’avenir
Seule assurance,
En l’ignorance du lendemain,
La mort est l’avenir de l’homme.
Tu crois au ciel, tu n’y crois pas ?
La belle affaire,
En l’inconnu d’un au-delà !
Notre destin n’existe pas.
Quand l’avenir mène au trépas,
Il mérite l’indifférence.
Le souvenir sans le regret
Et l’idéal sans l’illusion !
Foin du fol espoir et des larmes !
Car, pour chacun, petit ou grand,
Grain de sable sur la grand’plage,
L’horizon s’arrête au prochain virage.
Méfiant en la foi et ses guerres,
Tracer son propre itinéraire,
Suivre sa voie.
Qui souvent mène où l’on n’allait pas. (ps)
|