En descendant de la montagne
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Les montagnards
Toast initial : trio
Avant que les brumes de l’après repas n’obscurcissent mes facultés, je souhaite vous adresser simplement mes chaleureux remerciements pour votre présence.
Permettez à l’impénitent bavard que je suis d’ajouter quelques brefs propos que j’ai intitulés « Avec l’âge ».
Avec l’âge
Un brin de fainéantise
On se sert des anciens vers
Au fil des anniversaires.
Pour ceux qui n’ont pas eu la chance
De monter au Plomb ce matin
Pour ceux qui n’ont pas eu la chance
D’avoir beau temps ce matin.
Voici, voici le grand spectacle
De l’astre du jour sur les monts
Voici, voici le grand spectacle
Du soleil levant sur le Plomb.
musique à trois voix
(deuxième intervenant)
Lever de soleil (poème du recueil Sombra y Sol paru en 2005)
Aux reflets dérisoires de la clarté des torches,
Le pas mal assuré aux pierres du chemin,
Dans le silence sombre, nous grimpons, attentifs
Au bruissement des eaux, glissant vers le torrent.
Et soudain, dans le vent de la ligne de crête,
Ces croupes endormies, ces vastes étendues
Grondent brutalement en cinglantes rafales,
Précurseurs mugissants de la montée de l'astre.
Emergeant du magma, des formes se précisent ;
Fresques indifférentes, des groupes de chevaux
Campent près du sentier, la crinière flottant
Sur leur masse immobile au profil de gisant.
Enfin sur le sommet, l'architecture grise,
En subtiles nuances, s'articule à nos pieds ;
Paraissent des sillons ponctués de lucioles,
Cependant que le ciel peu à peu devient clair.
Dans les effluves roses, goélands du matin,
Les premières lueurs sur l'horizon de l'aube
Façonnent ton visage… bientôt évanoui
Dans le bal rouge et noir du soleil et des monts
(premier intervenant)
Eh bien ! Non, les chevaux n’étaient pas là ce matin.
Mais je vous avais prévenus : avec l’âge, on se sert des anciens vers…
Et ce n’est pas fini !
Voici deux ans c’était le même octantième anniversaire de mon frère René retenu aujourd’hui à Paris pour des soins difficiles mais encourageants pour son rétablissement.
Nous évoquions
la réunion familiale lors des 80 ans de notre admirable mère, en 1981 précisément.
Et cela ne nous semblait pas si loin…
Nous évoquions
tant de vides alentour tout au long des années,
depuis l’enfance hélas.
Mais aussi tant de joyeux souvenirs, perpétuant la présence des disparus dans un sourire
joyeux souvenirs qui m’amenaient à conclure :
(troisième intervenante)
En la gaie réunion
De ton anniversaire.
Et quand nous sommes là
Vieux et gais compagnons,
Avec nous, sont tous là.
Rire, boire et manger
Rire, boire et chanter
Rire, faire les fous
Ensemble leur devons
Tout comme après nous tous,
Les nôtres le devront.
Avec l’âge,
On se sert des anciens vers
Au fil des anniversaires...
Je vous propose maintenant de porter un toast avec le champagne offert par René et Maïté Sandrin pour marquer leur présence :
A la fratrie Sandrin, à ses parents et amis !
Dans les starting-blocks
en l'attente du service...
Jean de Boisfleuri
Cherchant notre chemin, on teste :
Demandant à un passant « Connaissez-vous Monsieur Paul ? »
- Ah oui, l’auteur de Lumière céleste*…
Déjà en tant que parodontiste,
Tout en nous parlant de la Galipote,
Tu étais déjà un artiste,
C’était plus fort que toi, il fallait que tu papotes.
Et puis ce furent nos balades en Auvergne.
Tu nous appris que Murat murmura…
Nous, on savait que tu étais un Saint d’Auvergne*
Et que dans la mélancolie jamais tu ne Sombra (y Sol)*.
Et puis, tu lanças avec maestria,
Sur Internet, ton site Couleurs de Brie.
Quel succès sur Wikipédia !
Tu as pu ainsi, avec le totalisateur de visites,
Compter tes amis.
Pour te faire plaisir, je dois l’avouer,
Sur mon PC, j’ai mis ton site en page d’accueil.
Entre « free porno » et toi, j’ai longtemps hésité,
Il faut dire que Catherine me surveillait d’un œil.
On t’a pas souvent vu dans une église
Mais Paul n’aie aucune crainte,
Dieu sur toi n’a pas beaucoup de prise,
Faut dire que tu vis avec une Sainte.
Paul, tu nous surprendras toujours
Quand tu murmures entre amis
A ton épouse ces mots d’amour
« Chantal, arrête tes conneries ».
Paul Sandrin, éternel jeune homme
Avec ton sourire du Pays des Gentianes*,
Ta haute voix qui marmonne (hum… hum),
Ton coup de fourchette, tes cailles aux raisins,
Tout un programme !
Bref, en un mot Paul, on t’aime
D’une amitié sincère, d’un Amour de granit*
Continue de nous écrire des poèmes,
Il était important que cela fut dit.
- Titre d'ouvrage de P. Sandrin

galerie de portraits par Dominique Berthon
Poème recyclé !
Duettistes infernales
copines de caté
Elizabeth Chantal
poètes inspirées
disant leur madrigal
Serait-il donc vraiment génaire
Ce visage de brun hâlé
Vos amis vous voient cinquantenaire
De votre charme sous l’effet.
Propos insolents, brillante vivacité
Vous voici en effet dans l’âge
Où cet esprit de tous admiré
Déploie au mieux ses avantages.
Une silhouette aux muscles enviés
Est-il plus belle architecture ?
Laissez de formes athlétiques
La caresse des yeux achever la sculpture.
Un cœur chaleureux d’espérance
Riche d’expériences du temps
Des traits préserve la jouvence
Pourquoi ne pas s’épanouir maintenant ?
Au soleil de la plénitude,
Les sourires apaisés (bleus) du présent
Soufflent au loin les effluves
De nostalgie aux yeux moqueurs de vos 16 ans.

Le poème plagié, offert aux recycleuses pour leur anniversaire concomittant, était : Plénitude. Les strophes 4 et 5 n'ont pas été notablement modifiées.
Voici les 3 premières strophes d'origine :
Serait-il donc vraiment génaire
Ce visage de brune (ou blonde ou rousse...) fée ?
Vos amis vous voient trentenaire
De votre grâce sous l’effet.
Silhouette d’un galbe envié,
Vous voici en effet dans l’âge
Où ce corps de tous admiré
Déploie au mieux ses avantages.
Buste insolent, hanches dorées,
Est-il plus belle architecture ?
Laissez de formes admirées,
La caresse des yeux achever la sculpture...
galerie de portraits par Dominique Berthon
Le conte du soleil ou de la lune
Il y avait une fois à Laveissière deux paysans, l’Amable et l’Hippolyte. Et renommés entre les paysans comme les deux plus grands buveurs de toute la région. Cela veut dire que, quand ils s’y mettaient, ils vidaient bien les pots.
Un dimanche, dans l’après-midi, ils se rencontrent sur la place.
- Ah, dit l’Amable, après quelques propos, ma femme m’a fait manger des pois au lard un peu salés. Je trouve qu’il fait soif, ce soir.
- Et moi aussi, dit l’Hippolyte. Moi, je n’ai pas mangé de lard, j’ai fait la méridienne. Mais pour moi, c’est tout comme : de ma nature, je dors salé, de sorte qu’au réveil, j’ai soif.
- Allons boire, disent-ils ensemble.
Ils vont dans la cave de l’Amable ; chacun tire de son sac son verre et les voilà à discuter des années et des vins. Ce sont là des procès où, comme disait l’autre, avant d’arriver à conclure, il y a plaisir à vider les pièces.
Ils passèrent là des quarts d’heure, d’une barrique à une autre barrique.
Lorsqu’ils sortirent, et de cette cave voulurent aller à celle de l’Hippolyte, il leur sembla que, dans l’endroit, on avait tout changé.
L’autre cave ne se trouvait pourtant qu’à cinquante pas, droit plus bas, dans la descente du village vers l’Alagnon. Mais le maire et ceux du Conseil, avec leurs satanées idées de politique, avaient dû boucher les passages. Les maisons tournoyaient, les escaliers, les caves, et le chemin butait contre les murs.
A force de chercher, et de droite, et de gauche, ils viennent pourtant à bout de passer. Ils tirent les verres des sacs, reprennent les débats.
A force de débattre, voilà qu’il leur en prit comme il en prend aux juges de Murat, quelquefois : ils s’endormirent sur les pièces…

Quand ils se réveillèrent, et mirent le nez dehors, la fraîcheur les saisit. Peut-être y avait-il un peu de coton dans l’air, pour brouiller le temps. Mais quelqu’un à qui la tête n’aurait pas viré, aurait vu assez clair pour trouver son chemin.
- Quelle lune il fait ! dit l’Amable, la montrant là-haut, toute ronde au-dessus d’un toit.
- La lune ? dit l’Hippolyte, faut-il que tu aies pinté ! Tu ne vois donc pas que c’est le soleil ?
- Comment peut-on avoir une paire d’yeux à la tête et dire de telles balourdises ? Je te parie que c’est la lune.
- Lune toi-même ! C’est le soleil du matin, je te dis. Je le sens bien à la soif qui me tient : nous avons dormi depuis hier soir.
Matin ou soir, lune ou soleil, commence toute une dispute.
- Té, fait soudain l’Amable, montrant un homme qui venait, voilà quelqu’un qui nous dira ! Dites, l’homme, l’Hippolyte dit que ça, là-haut, c’est le soleil, et moi, je dis que c’est la lune : alors, dites, qui dit bien ?
- Pauvres, dit l’homme, qui revenait lui aussi de quelque séance dans les caves, je ne peux pas vous renseigner… Moi, je ne suis pas de l’endroit.
Marie-Anne (d’après Henri Pourrat)
galerie de portraits par Dominique Berthon
Message de Jean-Luc

Puisqu’on ne peut être à Saint-Flour et à Moulins, nous serons, Marielle et moi, à Murat le 9 août.
Nous nous réjouissons d’y célébrer les quatre vins d’Auvergne, dont le Saint-Pourçain -d’Auvergne-*.
Œil pour œil - sur Plomb -, dent pour dent - plombée !-
Pour réussir l’irrésistible ascension, les cornets de Murat - de Julie* - seront appréciables.
Bravant la difficulté grâce aux senteurs des vertes gentianes*, nous aurons sur les lèvres le sourire du pays*.
La communion se faisant proche, il faudra resserrer les liens : ce sera l’œuvre du bal des prénoms*.
Alors, nous pourrons passer de Sombra à Sol* et la lumière céleste* jaillira sur le volcan cantalien.
Au pied de la montagne, les Tables seront fort utiles pour les agapes réunissant montagnards et marcheurs de l’Ermitage à La Chapelle.
- Titre d'ouvrage de P. Sandrin
galerie de portraits par Jules Perrenod, Marie-Paule Izoulet et Dominique Berthon

Françoise Robert, animatrice du Club de Lecture du Bois La Croix à Pontault-Combault, a adressé un message qu'elle a publié dans la page wiki ci-dessous :
Bon anniversaire, Monsieur le Président!.








