Chez la marchande
Bonjour ! Je voudrais un p’tit bonheur !
Un p’tit bonheur ?
Mais mon pauvre monsieur on n’en fait plus des p’tits bonheurs.
Y’a plus la d’mande pour les p’tits bonheurs.
Tout le monde aujourd’hui veut des grands bonheurs ;
des grands bonheurs et tout de suite.
Et que voulez vous avoir pour trois francs six sous ?
Ils se payent chers les grands bonheurs et n’empêche,
ils sont tous si pressés de se faire des grands bonheurs
qu’ils les perdent aussi vite qu’ils m’en prennent.
Alors ils reviennent et ils en reprennent.
Et ainsi de suite. Ça finit par leur coûter cher tous ces grands bonheurs !
Mais que voulez vous…
c’est devenu aussi un commerce les grands bonheurs.
Vous savez les petits bonheurs il faut savoir, il faut connaître
et il faut en avoir le goût pour les apprécier.
C’est pas du caviar les pt’its bonheurs ;
c’est comme la crème aux oeufs et les framboises :
tout est dans les images et dans le souvenir.
Et le souvenir il faut du temps pour le fabriquer
et encore plus de temps pour le faire remonter
Y’en a jamais à l’étalage des p’tits bonheurs
marché de la rue lepic, m. pellenc
Faut savoir les sentir les p’tits bonheurs.
Il faut apprendre à le sentir le parfum des fleurs ;
et c’est pareil pour les p’tits bonheurs
Elles ne donnent pas comme ça leurs parfums, les fleurs.
Ils ne se ressentent pas non plus comme ça, les p’tits bonheurs
Faut savoir aussi les regarder les p’tits bonheurs.
Ça passe, fugitif comme un clin d’œil,
c’est coquin mais discret comme un sourire,
rapide comme une intention de dire qui se tait ;
un p’tit bonheur c’est un regard qui demande sa route.
Faut savoir y toucher aux p’tits bonheurs :
c’est comme un doigt dans le creux d’une main
qui joue les papillons qui se frôlent quand ils embrassent des rayons de soleil
et c’est aussi léger et fragile que l’œuf d’une mésange,
c’est une caresse donnée comme on vole un espoir.
C’est vrai que c’est rare, mais c’est pas cher les p’tits bonheurs.
Ça ne s’achète pas. Ça se trouve !
Merci ! madame la marchande de la vie! Merci !
J. Mariami |
photo yann rigaud
La fermière de Roissy-en-Brie
Le soleil au zénith nappé d’azur profond,
Les doux vents de la plaine ondant les épis blonds,
Coquelicots, fruits mûrs aux rouges triomphants,
Tous ces scintillements de l’aube au firmament !
Et les purs flamboiements
De ce corps insolent… (ps)
huile, j lacalmontie
Accueil
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à la manière de...
Roses, allons voir la mignonne
Etendue sur le sable blanc
Sous l’ardeur du soleil brûlant.
N’est-t-il besoin de vos pétales
Rouges, roses, jaunes ou blancs,
Pour protéger son corps pâle ?
Sans ce bel habit bariolé,
Perdra bien avant vêprée
Le teint clair de sa gorge blanche. (ps)
photo cereales kille, wikipedia
Complainte
Plus ne cueillerai violette.
Tu vois reverdir bois et prés,
Hélas la gentille fleurette
Ne saurait adoucir notre après.
N’ai aujourd’hui que peine en tête.
Ni lilas blanc ni blanc muguet
Ne savent plus chanter la fête
Je sens pleurer les jours de mai.
Tu vois reverdir bois et prés,
Plus ne cueillerai violette. (ps)
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