Chronique de janvier 2009
Couleurs de Brie renouvelle à chacun tous ses vœux, magistralement illustrés en page d’accueil par Corinne Joachim.
Fréquentation du site
En ce deuxième anniversaire du lancement de notre site, il est intéressant d’analyser sa fréquentation.
L’année 2008 a vu une nette progression.
De 205 visites journalières en moyenne en 2007, nous passons à 660 en 2008.
Et de 277.462 pages vues en 2007, nous passons à 1.667.801 pages vues dans l’année 2008. Soit 4.557 pages en
moyenne chaque jour.
Ainsi la moyenne de pages vues à chaque visite passe de 3,2 en 2007 à 6,9 en 2008.
Les artisans de la réussite
Ces succès encourageants sont dus à la participation de tous ceux qui s'intéressent à la vie du site.
Les membres du Club de lecture de Bois la Croix méritent en cela d'être cités.
La Minute littéraire est désormais régulièrement assurée par les chroniques de Françoise Robert qui nous invite avec brio à
côtoyer les grands noms de la pensée d'hier ou d'autrefois.
Jacques et Françoise Desvignes nous ravissent par les récits illustrés de leurs lointains périples.
Jean-Marie Fichez alimente régulièrement avec bonheur ses écrits poétiques et Jean Solin dont la page sur l'art continue de
caracoler en tête du nombre de visites songe à un nouvel ouvrage...
Saluons la précieuse collaboration de nos amis auvergnats, James Gressier, qui cumule de grands talents d'auteur, peintre et
dessinateur, et Gaston Vieuxjeu dont les rimes ne craignent pas de décoiffer.
Nos amis peintres artistes, sculpteurs et photographes nous permettent d'apprécier leurs oeuvres par des reproductions sur
CDB ou en les présentant lors de réunions du Club de Lecture.
De nouveaux ouvrages régulièrement présentés renseignent sur les dernières parutions et certains, en feuilletons ou in
extenso, attirent nombre de lecteurs.
Rançon du succès
Le premier problème posé par le développement du site et de sa fréquentation est que cela a fait déborder la base de
données fournie par l’hébergeur.
Il a fallu se doter d’une plus grande capacité d’accueil pour les pages wiki, ce qui n’a pu se faire qu’avec plusieurs
bases de données distinctes. Ainsi on a dû subdiviser Wikibrie en 2 parties : Wikibook regroupant les pages en rapport
avec la littérature en général et Wikibrie conservant grosso modo ce qui se rapporte à l’art et à la Brie.
Fléchissement consécutif
Les modifications nécessitées sur le site et les perturbations inhérentes ont amené un tassement de la fréquentation
en décembre.
D’autre part, les habitudes prises au fil des mois par les utilisateurs ont été perturbées par ces changements, rendant
au début la navigation un peu moins conviviale. Enfin, après un grand nombre de pages wiki créées ou développées en
2008, ces dernières semaines ont été moins productives et le nombre de visites en janvier n’a pas encore retrouvé son
niveau antérieur.
Nouveau site : http://atulu.fr
Les ouvrages proposés en feuilletons connaissent un vif succès, mais il n’est pas possible de les laisser sur le site
in extenso, ni de laisser beaucoup de chapitres précédents lors des nouvelles livraisons pour ne pas saturer à nouveau
les bases de données. Ces ouvrages ne resteront que sous forme d’un résumé sur wikibook.
Un nouveau site http://atulu.fr, constituant un véritable éditeur en ligne, vient d’être créé pour permettre de voir ou
de revoir gratuitement dans leur totalité ceux de ces ouvrages qui ont eu la faveur des visiteurs de CDB ou du site ami
Cantal Passion.
Nous invitons amicalement chacun de vous
- à participer personnellement et à convier l’entourage au développement et à la promotion de Couleurs de Brie.
- et à visiter Atulu.
Janvier 2009, Paul Sandrin
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Chronique de janvier
Bonne année 2008 à tous !
Site « couleursdebrie.fr »
Janvier, outre l’époque des vœux traditionnels, est un anniversaire important pour notre site. Il y a tout juste un an
que CDB est en ligne.
C’est donc l’heure d’un premier bilan. Ce bilan semble particulièrement favorable, puisque après avoir approché
plusieurs fois depuis l’été les 9000 visites mensuelles, le nombre de « visiteurs uniques » a bondi à 13965 en décembre.
On peut raisonnablement espérer se stabiliser prochainement à une moyenne de 500 visites journalières, en attendant une
nouvelle progression.
Le succès de la page wiki « Jean Solin nous parle de la couleur », particulièrement promue en la cité de Lésigny, a sans
doute influé sur cet afflux en soudaine croissance, tout comme la nouvelle rubrique « feuilletons » permettant un accès
gratuit à deux de mes ouvrages. Mais le socle de notre audience est tout aussi imputable à la qualité des pages générées
par nos amis Jean-Marie Fichez, Marcel et Françoise Robert, Jacques et Françoise Desvignes, Chantal Sandi et Etienne
Lanquetin pour ne citer que les auteurs des pages « les plus consultées ». Dans la suite du classement, les talents ne
manquent pas et le score plus faible n’est souvent dû qu’à une création plus récente. Véra Dorrer par exemple ne devrait
pas tarder à intégrer la tête du classement avec la présentation de ses somptueux nus de bronze.
Je lance un appel à nos visiteurs ou à leurs amis pour qu’ils deviennent des contributeurs en publiant leurs éventuelles
créations littéraires ou artistiques dans Wikibrie. « Aide » leur permet de générer eux-mêmes leur page et ils peuvent
nous solliciter pour les conseiller, à partir de « Contact » dans CDB.
soleil d'hiver en sous-bois, e lanquetin
Association Couleurs de Brie
L’Association Couleurs de Brie régie par la loi de 1901 et ayant son siège au Château du Bois la Croix, 10 rue Gérard de
Nerval 77340 Pontault-Combault, a été créée et enregistrée en sous-préfecture de Meaux à la date du 27 décembre 2007.
« Son objet est de promouvoir la culture dans l’Est parisien. Pour cela, elle s’appuie essentiellement sur le site
couleursdebrie.fr et une collaboration active avec d’autres associations, tel le Club de Lecture du Bois la Croix… ».
Pour faire partie de l’Association, il suffit d’indiquer ses coordonnées et de s’acquitter de la modique somme de 10 euros
par personne auprès de la trésorière Françoise Desvignes, à l’adresse ci-dessus.
L’Association oeuvrera pour présenter son action à travers les médias régionaux et organisera une fête au cours de l'année
2008. A cette occasion, aura lieu une exposition d’œuvres d’artistes hôtes du site CDB et la vente dédicace d’ouvrages
d’auteurs hébergés par notre site.
Au nom de Couleurs de Brie, je vous renouvelle tous nos vœux pour l’année 2008.
Paul Sandrin
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Pérennité de l’intérêt des ouvrages scolaires
Au mythique Lanson, bible autrefois consacrée des cours de français, ont succédé les Lagarde et Michard auxquels les
Itinéraires Littéraires Hatier disputent aujourd’hui la vedette.
Au fil des décennies, j’ai continué à apprécier ces ouvrages scolaires. Ils permettent de rafraîchir une mémoire
défaillante à propos de telle ou telle œuvre. Ou de pallier de cruelles lacunes concernant la connaissance de tel auteur.
Pour enrichir ma bibliothèque, j’ai récemment acquis le XXe (1950-1990) de la Littérature Française Hatier. L’ouvrage
est particulièrement précieux pour situer, au-delà de la seule appréciation personnelle, la place ou l’importance
accordée à tel auteur récent ou contemporain. Et pour orienter un choix de lecture vers une œuvre ou un ouvrage méconnu.
L’article consacré à Francis Ponge m’a ainsi amené à consacrer une plus grande attention aux écrits de ce
grand auteur. S’il se défend d’être un poète, il semble difficile de ne pas rattacher à la poésie les « petits écrits »
de Ponge, tel précisément l’admirable et long poème Le Savon.
Le sujet évidemment n’est pas sans surprendre. C’est que l’auteur du Parti pris des choses « se veut le poète des objets
les plus usuels, les plus ordinaires. Prendre le parti des choses, c’est tenter d’abandonner la subjectivité de l’humain.
Même si l’on devine souvent, dans ces poèmes, l’impression de l’homme face à l’objet. »
Ci-dessous, les objets d'une huile de J. Lacalmontie :
Le très bref extrait, qui suit, du très long poème de Ponge Le Savon montre bien comment « le travail du poète
consiste à aider les choses à s’exprimer, c’est-à-dire à les nommer d’une manière à la fois poétique et précise, afin
qu’elles deviennent un objet littéraire possédant son unité et sa spécificité propres. »
« Si je m’en frotte les mains, le savon écume, jubile…
Puis il les rend complaisantes, souples,
liantes, ductiles, plus il bave, plus
sa rage devient volumineuse et nacrée…
Pierre magique !
Plus il forme avec l’air et l’eau
des grappes explosives de raisins
parfumés…
…le savon a beaucoup à dire. Qu’il le dise avec volubilité, enthousiasme. Quand il a fini de le dire, il n’existe plus. »
Mon propos n’est pas d’analyser en une savante critique l’apport de Ponge à l’expression poétique moderne. Ni de
décider si les choses sont poétiques par essence ou si c’est l’œuvre du poète qui leur confère une telle dimension :
« Objets inanimés, avez-vous donc une âme / Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? » disait Lamartine.
On peut apprécier simplement la démarche de Ponge qui, avec l’attention portée « aux objets, même les plus banals
(la pomme de terre, le cageot) », apporte un renouvellement majeur dans la source de l’inspiration poétique.
Je n’ai pas résisté au plaisir de vous soumettre un bref poème personnel composé après la lecture extatique du
long poème Le savon. On peut prendre connaissance de Panier de basket à partir de l’onglet « rimes nouvelles » dans
la page d’Accueil, où sont aussi proposés deux beaux sonnets de Gaston Vieujeux. Hôte récent de wikibrie, ce poète
de grand talent s’exprime sous une des formes classiques les plus contraignantes dans une langue très actuelle
et souvent volontairement dérangeante.
Pour conclure sur une note pratique concernant notre site couleursdebrie.fr, je vous indique que sa fréquentation poursuit
sa progression en nombre de visiteurs et l’Association Couleurs de Brie qui participe à sa promotion continue à se
structurer. Une page incluse directement dans le site ou dans wikibrie apportera des précisions à son sujet.
D’autre part, un feuilleton alimenté chaque quinzaine et accessible de la page d’Accueil va permettre de prendre
connaissance du condensé d’un ouvrage, roman, récits, nouvelles ou recueil de poèmes. Quand pointe l’aube, ma
huitième publication à paraître en 2008, initiera cette rubrique.
ps, octobre 2007 |
Causerie du mois de mai
Les Couleurs de Brie tendent à s’aviver au fil des semaines. Il n’est pas rare pour notre jeune site d’atteindre ou de
dépasser les 200 visites journalières.
Wikibrie participe largement au succès naissant de notre entreprise.
La Couleur de J. Solin, les pages de J-M. Fichez, E. Lanquetin, du Club de Lecture de Bois la Croix ou de la Croisière en
Antarctique semblent particulièrement appréciées.
CDB engage chacun à continuer à s’investir en créant sa page dans Wikibrie. Au-delà de ce qui a trait à l’art ou la
littérature de la région, CDB est ouvert à tout ce qui concerne l’environnement dans notre contrée. Toutes les initiatives
en ce domaine seront les bienvenues.
Ma chronique "automnale" avait été l’occasion de disserter sur la littérature dite régionale. A travers l’extrait d’une
rubrique parue dans La Galipote, je propose aujourd’hui de nous intéresser à un de mes auteurs favoris, Raymond Queneau :
« C’est beaucoup par son roman Zazie dans le métro que Raymond Queneau est connu. Connu du "grand public", comme
on dit. On sait qu’il est aussi le parolier de Si tu t’imagines, tube du répertoire de Gréco et de Léo Ferré.
Rappelons que Queneau a écrit quelques 1500 poèmes, le poème Si tu t’imagines ayant fourni le titre de l’un de ses
nombreux recueils.
C’est plus précisément le poète que je souhaite évoquer aujourd’hui, sachant que la distinction entre le poète et le
romancier est un peu artificielle concernant Queneau, peu enclin à se soumettre aux règles de tel ou tel genre littéraire.
Michèle Gazier remarque (Télérama n° 2740) : « Ce grand écrivain, grand lecteur,… fait flèche de tout bois, se plaît à
mélanger les genres..., jongler avec les anglicismes, le langage populaire qu’il réinvente… Le champ du littéraire est
pour lui infiniment ouvert ; il se plaît à y faire pousser les fleurs de sa fantaisie, de son savoir, de son humour, de
sa tendresse. »
La fantaisie, Queneau ne manque pas de s’en réclamer tout au long de son œuvre :
« Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
on sait pas toujours ce qu’on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème… » ( L’Instant fatal III )
Ainsi les deux genres, roman et poésie, se différencient peu pour cet auteur qui considère le roman comme un poème
long. Comme le souligne Claude Debon dans le tome I des Œuvres Complètes de Raymond Queneau dans La Bibliothèque
de la Pléiade, « Le roman pour Queneau est ou doit être un poème…Le roman-poème est long, le poème court : voilà toute
la différence…le glissement des genres se manifeste tout au long de l’œuvre : les romans, outre leur structure poétique,
contiennent parfois des poèmes ou virent au poème. Les poèmes, eux, glissent vers le narratif, ne refusent pas le
dialogue, mettent en scène des personnages. »
Ce non-conformisme littéraire est une des qualités que j’ai appréciée dès l’abord dans son œuvre. Lors de la parution
récente d’un mince recueil de ma facture, le quotidien régional La Montagne a noté, à juste titre, que tel poème de Sombra
y Sol « fleure bon l’inspiration de Queneau ». On pourrait sans doute retrouver aussi l’influence, directe ou implicite
et dans le désordre, de Prévert, de Pierre Perret, de nos modernes rappeurs, sans oublier Ronsard, Hugo, Verlaine, à
l’occasion Mallarmé et quelques autres.
hugo, dessin ancien
Cette brève énumération incite à la modestie, si on la compare à la longue évocation, en de nombreuses pages de
La Pléiade, de la multitude des poètes cités comme les inspirateurs de Queneau, parmi tant d’autres abordés par lui au
cours de sa vie et ayant plus ou moins nourri son expression tout au long de son œuvre.
Dans l’analyse de ceux de ses poèmes regroupés dans la dernière partie de L’Instant fatal, considérée comme un
aboutissement de sa poétique, La Pléiade conclut : « Queneau renonce à certaines formes de sacralisation de la poésie tout
en manifestant sa croyance dans le mystère de la poésie ».
Sans renier l’apport du surréalisme, les derniers poèmes de L’Instant fatal « renouent avec la lisibilité, retrouvent une
communication directe avec le lecteur ». Ceci semble bien de nature à entraîner l’adhésion d’un grand nombre d’amateurs de
poésie soucieux d’être un tant soit peu instruit sur ce qu’a voulu exprimer l’auteur. En tout cas mon assentiment est
acquis à cette démarche, car mon non-conformisme personnel ne va pas jusqu’à souhaiter priver un texte de toute clarté .
Ce que tente d’exprimer à ma façon un poème de Sombra y Sol :
Plaidoyer
Bousculer la littérature ?
Sus à l’académisme ?
Le lettrisme combattant l’illettrisme,
Place à l’ésotérisme ?
Voire à l’hermétisme
Et…à l’imposture ?
Pour la claire compréhension,
Dans la simplicité d’expression !
Pour l’arbre dans la forêt !
Pour l’homme dans l’humanité !
Pour le petit bruit de l’œuf dur sur le comptoir !
Toc, toc ! »
Précisons pour conclure que notre site Couleurs de Brie va s’appuyer sur une Amicale éponyme qui devrait voir le jour à
la rentrée de septembre. Un premier groupe va se réunir prochainement pour jeter les bases de cette Association à créer
sous la loi de 1901.
ps, mai 2007
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Causerie automnale
Littérature régionale, tel était le sujet retenu lors de la causerie que j’étais invité à faire
récemment auprès du Club de Lecture du Castel Club à Pontault-Combault.
Pour cette première chronique de Sourires de Brie, je vous en livre un extrait :
« Auteurs régionaux !
Giono répondit l’écho…
Auprès du célèbre romancier de la Haute Provence viennent tout de suite à l’esprit
d’autres noms prestigieux, Marcel Pagnol ou Frédéric Mistral… Etant donné l’audience
de tels écrivains, on ressent tout de suite l’ambiguïté qu’il y aurait à vouloir les
enfermer dans une référence régionale.
L’Auvergne, ma province d’origine, s’honore d’abriter un fringant nonagénaire, Jean
Anglade, qui continue à publier une ou deux fois par an des romans dits du terroir.
Ses tirages dépassent volontiers les 100.000 exemplaires et la critique attribue à
son œuvre une dimension qui s'inscrit largement au-delà de la renommée provinciale.
Ce grand et prolifique romancier auvergnat, la Soupe aux choux, Une Pomme oubliée,
les Puisatiers… restitue avec bonheur, la rudesse du pays et de ses habitants,
l’atmosphère et la couleur de nos montagnes.
Il adore Murat le Bleu pour ses toits de lauzes. Et dans plusieurs de ses romans, il
se plaît à répéter que « dans nos vergers, les prunes bleues sont rouges lorsqu’elles
sont vertes. »
En dehors de ces grands noms, la littérature dite régionale aurait-elle vocation à ne
rassembler que des auteurs de seconde zone ? Il faut se garder d’une telle appréciation.
Chacun est conscient que les éditeurs parisiens sont loin de ne publier que des chefs
d’œuvre. A l’inverse, la province foisonne de petites maisons d’édition qui, dans des
difficultés financières abyssales, promeuvent souvent des ouvrages de qualité.
Et les grands éditeurs ne dédaignent pas de créer des collections plus ou moins
régionalistes. L’Ecole de Brive est ainsi hébergée chez Laffont, tandis qu’aux Presses
de la Cité on trouve Les Romans du Terroir de Janine Balland. Et nombre d’auteurs
sortent, suivant l’opportunité, leurs titres à Paris ou en région.
Qu’est-ce donc alors qu’un auteur régional ? Dans l’absolu, ce serait un résident,
autochtone, créateur de romans. Ecrits dont le sujet, le lieu, le langage, les
personnages épouseraient la région et son histoire, permettant au lecteur de reprendre
contact avec ses racines.
Un tirage confidentiel en accord avec une diffusion limitée est recommandé pour
bénéficier pleinement de l’appellation. Par ce dernier trait, je me sens tout à fait
autorisé à revendiquer le titre. Pourtant si certains de mes personnages sont auvergnats
et si les intrigues se déroulent volontiers au Pays des Volcans, dans mes ouvrages cette
rude province n’est pas le sujet essentiel de l’histoire. Ailleurs conviendrait souvent
très bien à la narration.
Pas question pour autant de renier mon auvergnitude. Preuve en est, l’admiration que je
porte à l’Auvergnat Alexandre Vialatte. On n’a certes jamais songé à classer en écrivain
régionaliste, ce traducteur de Kafka, ce prestigieux chroniqueur de La Montagne et du
Figaro, bien qu’il eût pour ses compatriotes un regard aiguisé autant qu’affectueux :
Les Auvergnats, disait-il, ont "…des chandails superposés, les uns marron, et les
autres aubergine. En laine épaisse.Pourle 15 août, ils en enlèvent un. A la Toussaint,
ils en ajoutent deux. A la fin de leur vie, ils sont devenus pure laine. Et le médecin,
quand il l’ausculte, doit l’éplucher comme un oignon… »
Tout autant que telle autre province, la Brie possède des talents qui perpétuent ceux
d’antan: Ecole de Barbizon ou nombre d’auteurs et artistes prestigieux... En dépit du
brassage humain qui est la marque de notre région et de notre époque, est-il interdit
de penser que les traditions, le patrimoine et les paysages sont aptes à y favoriser
une certaine proximité dans la création ? Sans se limiter à un régionalisme quelque peu
étroit, la convivialité et la confraternité ne sont-elles pas de nature à permettre
d’esquisser une esthétique, voire une éthique particulière à cet espace francilien
privilégié ?
C’est à cette ambition que Couleurs de Brie souhaite participer.
PS |
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accueil
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